Elsa Guyot
Doctorat en histoire de l'art
« La cotutelle de thèse entre la France et le Québec a été une expérience fondatrice, tant sur le plan intellectuel que personnel. Elle m’a offert une grande ouverture d’esprit, portée par un dialogue riche entre deux cultures académiques, et permis de tisser des liens institutionnels et humains durables. Le croisement des disciplines et des perspectives a affûté ma curiosité et renforcé mon regard critique, des outils précieux qui me nourrissent au quotidien, dans l’ensemble de mes activités et de mes projets. »
Elsa Guyot a réalisé sa thèse en histoire de l’art sous la direction conjointe de Christine Bernier (Université de Montréal) et de Géraldine Mallet (Université Paul-Valéry Montpellier 3). Ses recherches, publiées sous une forme remaniée aux éditions Leméac en 2021, explorent les enjeux identitaires, politiques, esthétiques et économiques liés à la mise en exposition des objets médiévaux dans les musées québécois. Plus largement, ses travaux interrogent les relations que les sociétés occidentales entretiennent avec le passé, ainsi que le rôle joué par les institutions muséales dans la représentation et la diffusion du patrimoine historique. Son travail doctoral a reçu le « Prix de thèse », qui distingue la meilleure thèse réalisée dans le cadre d’une cotutelle entre la France et le Québec.
Elle a par la suite effectué un stage postdoctoral à l’Université du Québec à Montréal, au sein du Laboratoire numérique d’études sur l’histoire de l’art du Québec, sous la supervision de Dominic Hardy. Cette recherche s’est inscrite dans la continuité de ses travaux sur les usages contemporains du passé, tout en approfondissant les enjeux liés aux archives des expositions, aux humanités numériques et à l’histoire de la discipline artistique au Québec. Ses recherches doctorales, postdoctorales et ses travaux de publication ont été soutenus par plusieurs institutions et organismes, dont la Faculté des études supérieures et postdoctorales de l’Université de Montréal, le CRILCQ, l’Association internationale des études québécoises, le Conseil international d’études canadiennes, la Région Occitanie et le Centre d’études médiévales de Montpellier.
Guidée par un intérêt marqué pour les dialogues interdisciplinaires et les échanges internationaux, elle prend régulièrement part à des rencontres scientifiques et à des colloques au Québec, en France, en Allemagne et en Inde, contribuant ainsi à une réflexion collective sur les enjeux contemporains de l’histoire de l’art et de la muséologie. Elle a également exercé comme commissaire d’exposition et rédigé des textes de salle ainsi que des livrets de visite pour des expositions temporaires. Son parcours professionnel s’est construit au sein de musées, de centres d’art, de galeries, ainsi que dans l’enseignement supérieur, notamment en lycée, à l’université, en école d’art et en classes préparatoires. Elle a aussi occupé des fonctions dans l’administration publique, en lien avec les relations internationales et l’accueil de chercheurs et d’étudiants internationaux.
Elle publie régulièrement des articles en histoire de l’art, destinés tant à un lectorat spécialisé qu’au grand public, ainsi que des critiques de cinéma. Depuis 2023, elle développe une activité professionnelle dans l’édition scientifique et l’accompagnement rédactionnel, en particulier pour des textes à vocation académique, culturelle ou muséale. Elle collabore notamment avec des presses universitaires et des revues spécialisées, ainsi qu’avec des musées et des galeries d’art pour des missions de conseil éditorial, de recherche et de rédaction.
Le conseil d'Elsa Guyot : « Restez vous-même : contrairement aux idées reçues, il y a de la place pour tout le monde et pour toutes les subjectivités. Si vous vous engagez dans un projet de recherche plus long, comme un mémoire ou une thèse, rappelez-vous : ce n’est pas une compétition, mais un chemin de réflexion exigeant, et un parcours de construction personnelle extrêmement formateur. Restez curieuses et curieux. Gardez les yeux ouverts sur ce qui se crée ailleurs — dans d’autres pays, dans d’autres universités, dans des centres d’art, des collectifs, des associations — cela nourrit le regard et les idées. Et dans la mesure du possible, continuez à faire vivre et rayonner le savoir, la recherche, la création, et les liens humains (amitiés, entraide, travail collectif), qui sont au cœur de toute démarche de connaissance. »